
2026-09-01
Quel est l'avenir de la radio ? Avant, il y avait très peu de stations et on écoutait la radio avec un seul appareil : un récepteur. On écoutait de la musique, les infos ou d'autres programmes.
Puis, progressivement, le nombre de stations a augmenté et il est devenu plus facile d'en créer une. L'arrivée de la FM et des radios privées a ouvert la voie à de nouvelles stations, notamment locales. Puis est arrivé Internet. Au début, c'était lent et cela demandait des compétences et de la persévérance. Il fallait télécharger des logiciels spécifiques et connaître les adresses de diffusion. Bref, c'était compliqué. Les stations de radio traditionnelles ont commencé à diffuser en ligne et de nouvelles stations ont vu le jour.
Puis sont arrivés les smartphones et l'Internet haut débit illimité ; les applications radio ont simplifié l'écoute en ligne. Un clic, et voilà, on peut écouter une station connue ou en découvrir de nouvelles. Par exemple, j'aime voyager avec l'application Radio.garden. Les podcasts ont véritablement explosé.
Du point de vue du diffuseur ou du producteur, créer une station de radio est facile de nos jours. On peut en lancer une en 30 minutes. Configurer un serveur chez un hébergeur prend 10 minutes, installer un logiciel comme Azuracast (10 minutes) et mettre en ligne les fichiers audio (10 minutes). Il existe aussi des services qui proposent ces prestations pour quelques euros par mois. En bref, créer une station de radio est aussi simple que de créer un blog.
Mais le monde change, et les GAFAM dominent avec leurs murs virtuels. Les applications captivent les utilisateurs et les emprisonnent. Ils ne découvrent plus rien d'autre car ils sont contraints de partir. Et c'est une cage dorée. Pour s'en échapper, il faut être motivé et savoir comment faire. En résumé, les stations de radio ne sont que des gouttes d'eau dans l'océan du web. Avant, nous avions 10 stations à écouter ; aujourd'hui, il y en a 10 000 dans nos applications radio.
La radio traditionnelle subit elle aussi une transformation majeure. La radiodiffusion numérique (DAB) remplace la radio FM, mais les auditeurs ne suivent pas le mouvement. Nous n'avons plus d'appareils dédiés uniquement à l'écoute de la radio. Nos téléphones sont multifonctionnels et nécessitent des mises à jour fréquentes. Tout est devenu éphémère.
La radio numérique terrestre (DAB) était présentée comme offrant une excellente qualité. Or, en réalité, la portée de l'émetteur est plus courte, l'autonomie des batteries du récepteur est nettement inférieure et la qualité sonore est seulement moyenne (MP3). L'expérience suisse a démontré que l'arrêt de la FM entraîne une baisse de 25 % de l'audience. Les voitures anciennes ne sont pas équipées de récepteurs DAB, tandis que les voitures récentes disposent d'ordinateurs de bord proposant 10 000 stations de radio web et podcasts.
Je suis tombé il y a peu de temps sur l'annuaire de radio libre (le wikipédia de la radio) sur une radio qui proposait des centaines de programmes par IA. Il y a des robots qui font des créations de radios à la chaines comme ils envoient des emails. La radio 'à la main' ce sera bientôt le passé.
Pour conclure cette réflexion, je dirais que la radio n'est pas totalement morte encore mais sa mutation en fera quelque chose de nouveau. Le nom radio restera mais ce qu'elle deviendra sera profondément différent. La valeur ne sera plus ce qu'on entends mais la communauté. Le fait de faire quelque chose entièrement à la main ne sera peut être plus un gage de qualité et d'audience.
Pendant longtemps, la radio a su résister à la télévision et à Internet. Aujourd'hui, c'est terminé. La radio est en déclin. Nous l'écoutons moins.
2076-10-09